L’araignée
 
Dans la céleste lueur rose de l’aurore,
Le temps déroule allègrement ses heures,
Devant ma fenêtre close, une araignée sur le rebord,
Tisse une jolie toile avec entrain et ardeur.
 
Un sourire illumine sa mine renfrognée.
Ses minuscules pattes recourbées,
Arpentent sans relâche et à son gré,
Sa maison de fils entrelacés.
 
De long en large, partout sur le grillage,
Oubliant les oiseaux et leur ramage,
La tête haute dans sa robe veloutée,
Poursuit dans l’ombre son travail acharné.
 
 La fraîche odeur des champs moissonnés,
 Les citrouilles qui garnissent déjà l'escalier de fer forgé.
 Les éclats de voix dans les feuilles colorées ,
 Sont témoins de sa constance et de sa ténacité.
 
Tel un funambule sur un fil tendu,
Elle attend avec patience tous les intrus.
Ces ronflements d’ailes feutrées dans la nuit étoilée.
Dans cette broderie folle arrêtent pour s’y reposer.
 
Doucement dans le noir silence, envoutées et ensorcelées,
Prisonnières de ce fatal piège endiablé,
Les mouches s’abandonnent et sont finalement étouffées,
Dans ces voiles qui ne cessent de se balancer.
 
Une morne pluie frappe sur les carreaux fermés,
Son escalier de soie est un traquenard bien armé.
L’araignée nourrit tous ses petits affamés.
Avec grâce délicatesse et avidité.
 
Cherche-elle une escorte pour franchir cette porte fermée?
Pour se mettre à l’abri de cette neige gelée.
Voudrait-elle me tisser cette dentelle auréolée,
Dans un coin de soleil tamisé.
 
Araignée mon amie,
Poursuis ton cycle de vie,
Exemple de labeur accompli,
Apporte à mon âme un regain de vie.
                                                                                                              
                                                                                              Hajem8 sept 2010

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