L’ARBRE VIOLÉ

J’étais grand et fort, je m’étirais entre la terre et le ciel
Leur offrant une grande caresse de mes branches.

Les oiseaux venaient s’abriter dans mon feuillage,

les enfants chantaient autour de moi,

les passants s’attardaient pour faire une pause

et se reposer dans mon ombrage.

La vie était douce, j’étais un très bel arbre,
frémissant sous la main du vent,

me berçant sous la fougue du vent et des orages d’été

m’épanouissant sous le tendre regard du soleil.

Puis, les hommes sont venus et ils m’ont violé.
De leurs outils et de leurs mains ils m’ont abattu.

Ils m’ont dépouillé de mon écorce et ils ont découpé ma chair

ne démontrant aucune émotion, le cœur dur et le regard froid.

Les hommes sont venus…
Par leur force et leur violence,

ils ont fait de moi un instrument de mort.
Encore, s’ils s’étaient servis de moi

pour fabriquer une table,

une chaise, construire une maison pour servir leur corps…

S’ils avaient allumé un feu de joie

pour réchauffer leur cœur et leur nuit…

Ou encore, s’ils m’avaient fait renaître sous forme de bateau
pour la pêche ou pour le voyage…mais non…

Les hommes sont venus. Ils m’ont violé.
Ils ont fait de moi un instrument de torture,
un instrument de mort.

ILS ONT FAIT DE MOI… UNE CROIX.

Le Seigneur ne m’avait pas destiné à engendrer la mort.
Il m’avait conçu pour la vie.

Que les hommes ont le cœur dur et le regard froid…

Il y a de cela bien longtemps!

Mais, depuis, les hommes ont découvert mille et une machines
pour combler leurs rêves et leurs caprices…

mille et une machines pour se croire maître du monde.

Et pourtant, ils restent toujours les mêmes.

Plus subtils, mais toujours pareils.

Les eaux, les nuages, le vent, et la mer sont devenus
à leur tour des instruments de mort.

Ils portent malgré eux les poisons du progrès,

le fardeau des industries et de l’énergie nucléaire,

du gaspillage et de l’injustice, du pillage

et de l’inconscience des hommes et des femmes d’aujourd’hui.

La nature entière chante la marche funèbre de l’être humain
qui, se croyant maître du monde est esclave de lui-même.

Un innocent est mort cloué sur moi.
Un innocent qui avait enseigné l’Amour et la Vie.

On n’en a pas voulu.

Certains pensent encore à Lui parfois.

Quand vous le regarderez, ne l’oubliez pas
et, à chaque fois, osez vous demander :

’’ Combien de gestes de mort ai-je posés aujourd’hui
envers mes frères les arbres,

mes sœurs les rivières et mon ami l’air que je contribue à polluer ?’’

‘’Combien de fois, pour mon plaisir
et mon confort ai-je violé la nature? ‘’

‘’Combien d’enfants ne verront jamais le printemps
parce que j’ai contribué à détruire leur environnement

et qu’il en mourra prématurément? ‘

 

Manou

 

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