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Brindilles de mon passé

Le ciel de décembre est plus clair et plus pur qu’un ruisseau,
D’épais manteaux blancs brillent sur les sapins dans le hameau.
Une bûche crépite dans la cheminée, semblant rythmer avec les flammes,
De doux souvenirs surgissent emprisonnés au fond de mon âme.

Le toit des demeures coiffé d’une épaisse capeline poivrée,
D’où les cheminées déroulent de longs rubans de fumée,
Enjolive ce paysage y cachant quelque chose de mystique,
Devant ce bleu d’un ciel sans fin en cette nuit féerique.

La cuisine est inondée de soleil grand-mère est devant ses fourneaux,
Au pied de l’arbre de Noël ,un amoncellement de cadeaux.
Sur le poêle de la salle commune des chaudrons sont alignés,
Il en sort des parfums de ragoût, de tourtières et de viande fumée.

Les enfants enveloppés dans des capots d’étoffe grise,
Se blottissent sous les peaux pour se rendre à l’église,
Les chevaux décorés de rubans rouges et de grelots,
Se laissent glisser au gré du chemin balisé, en tirant le berlot.

Grand-père porte une longue redingote noire muni de gros lacets dorés,
Et les enfants la tête prise dans leur crémone et leur tuque de laine foulée,
Écoutent ces cloches qui sonnent à toute volée,
Les invitant à l’office divin qui va bientôt commencer.

La féerie de la crèche et des lumières colorées,
Devient pour moi une présence chaleureuse et ensorcelée,
L’église est remplie de voisins, d’amis et de la parenté,
Qui en silence se laissent bercer par ces refrains enchantés.

À notre retour d’énormes poêles bourrés de bois nous aident à vaincre le froid,
Le fourneau chantonne doucement en berçant trois marmites qui dansent avec joie,
On entasse les manteaux et les chapeaux dans les chambres là-haut.
La bonne humeur et l’accueil chaleureux ne fais jamais défaut.

Le repas fut ce que les festins de grand-mère sont toujours, savoureux et onctueux.
Les invités se régalent et n’en croient pas leurs yeux,
Pain de ménage, jambon, rôti de lard, soupe aux pois et la bûche bien décorée,
Dessus une table joliment garnie de fleurs séchées.

Après cette interminable journée tous rentrent au bercail épuisés,
En se remémorant ces minutes de rires et de gaieté,
Les cœurs remplis de rêves qui embellissent nos vies,
Et qui enlèvent à nos silences toute monotonie.

Il y a des jours que l’on voudrait dans de petites boîtes fermées,
Barrer à clef, tous ces souvenirs et ces bénédictions,
Pour les ressortir et les revivre à l’occasion.

                                                                                                Hajem8  déc 2010

 

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Fond d'image peint avec la bouche par G. Guillemet.
 La voiture et le cheval  sur une peinture de Pauline Paquin.

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