Le joueur de violon

Pendant les longues heures de l’hiver mon oncle Henri,
Pratiquait avec douceur et agilité des airs envoûtants,
Que sa mère lui fredonnait depuis qu’il était petit.
Tant de soirées de moments intimes passées près du feu crépitant.

Toujours souriant avec ses yeux vifs et sa moustache bien taillée,
Dans toute sa personne on sentait la paix et la gaieté,
Sur le bois de la mentonnière bien sculptée,
On ne voyait que sa magnifique chevelure argentée.

Ses doigts alertes couraient sur les cordes en dansant,
Il nous en mettait de jolies ritournelles dans nos cœurs d’enfant.
Les symphonies se succédaient avec entrain,
Et les paisibles sérénades s’émoussaient dans le lointain

J’alimente mon âme au son de cette musique d’antan,
Je me laisse caresser par les valses d’autrefois,
Des perles de bonheur surgissent soudain en moi,
Dans mon cœur la musique est mon amant.

À ces aubades de tendresse et de réveil,
Mon âme errant dans le mystère,
M’enveloppent d’une douce paix éphémère,
Les yeux clos mes pensées sont mes ailes.

Soudain une ribambelle de fillettes avec leurs airs fripons,
Font des rondes et sautillent au son entraînant du violon.
On s’en donne à cœur joie comme des lutins enchantés.
Une étoile brille dans leurs yeux comme une fleur veloutée.

Des papillons qui dansent dans la lumière,
Voltigent parmi les primevères,
Ils semblent fredonner les premiers accords,
Colorant de leurs ailes ce nouveau décor.

Que de fois à minuit je me plaisais à ce concert de farandoles,
J’ai souri de l’entendre et aussi souvent pleuré,
J’écoute avec mon cœur débordant de pensées folles,
Irriguant cette vallée de souvenirs enchantés.

Nourris mon âme, chansons de mon passé,
Sans murmures railleurs, sans regrets arriérés,
Nourris mon âme, dans le secret de l’ombre,
Où la douceur, la paix et l’amour abondent.

                                                                                                   Hajem8 mai 2011

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