Perdue dans son cœur.

Le jour commence à poindre derrière les arbres.
Le printemps murmure son dernier refrain,
Les fleurs apparaissent ici et là en bordure du chemin.
Dans le sous bois du parc, deux amoureux se baladent.

Ils ont le même âge, dans la cinquantaine avancée.
Un corps costaud, yeux diamantés, visage rond et épaules carrées,
Où scintillent de petites lumières et un sourire séduisant,
Idylle digne d’un roman, dans une explosion de sentiments.

Noyée dans la clarté de son regard étoilé,
Ces paroles remuent dans son âme une musique douce et ensorcelée.
Cherchant depuis longtemps son prince charmant,
Des flots de bonheur jaillissent de son cœur d’enfant.

Toutes les occasions sont bonnes pour se promener avec lui,
Ils incarnent l’unité complète pour la vie.
Quand ces lèvres la frôlent, elle s'envole comme un papillon,
Ressentant la fraîcheur de son cœur enrobé dans son cocon.

Cette voix qui la fascine et embrouille ses pensées.
Sa beauté et son élégance, la hantent jour et nuit
Depuis des mois elle vit sous son emprise et sans faire de bruit.
Chaque jour elle le rencontre sous un délicieux soleil parfumé.

Comme les ailes de l’espoir prenant leur envol,
Elle se fond en lui comme iceberg au soleil frivole.
Elle se laisse caresser par le souffle du vent,
Et cueille avec ardeur ces flots houleux et exaltants.

L’oiselet de ses nuits, le cygne de ses rêves.
Ces instants poignants lumineux et sans trêve,
Les entraînent dans un tourbillon aimanté,
Dans un lointain paysage au ciel bleu d’éternité.

Elle n’entend plus la voix de ceux qui l’entourent,
Ensorcelée par son charme et ses beaux discours.
Le temps brisera-t-il ces sentiments et cet amour ?
Le bonheur a toujours des nuages dans son parcours.

Ses yeux sont fermés, il l’a trahie et violentée,
Ses oreilles bourdonnent de tous ces mensonges inventés.
Ces paroles sont fixées dans sa souvenance.
Elle est là dans le noir seule à vivre sa désespérance.

Ce personnage doucement sorti d’une de ces toiles,
Où les brumes langoureuses se dissipent vers les étoiles.
Elle sanglote des larmes de pluie assise sur son banc,
Les minutes s’écoulent et se meurent lentement vers l’océan.

Le temps déroule ses heures,
Et le vent n’assèche pas ses pleurs.
Sa solitude est absolue,
Son bonheur est à jamais perdu.

                                                                                                             Hajem8 fév 2011

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