Bambin

C'était novembre avec ses ciels mauve et bleu,
 Le vent s’amusait à déplumer de gros nuages gris.
 Bien en ligne au bout d’une allée large et fleurie,
Vivait Bambin le petit sapin malheureux.

 Il regardait toujours vers le haut pour essayer,
De se faufiler et de dépasser ses frères,
Mais le vent et la neige le faisait se replier.
Si bien qu’il restait toujours derrière.

Toutes les nuits les yeux voilés de pleurs,
Ne pouvant plus voir les beautés qui l’entouraient,
Il gémissait sur son sort, sans regarder ses sœurs,
Qui l’encerclaient, l’aimaient et le cajolaient.

Un soir de pleine lune, une dentelle de glaçons le pencha,
Il vit son triste visage qui se mirait dans l’eau de l’étang,
Un joli cygne blanc qui s’y berçait l’aborda,
Pourquoi reste-tu seul là à pleurnicher tout le temps?

N’entends-tu pas entre tes doigts tous les chanteurs ailés,
Les solistes à plumes qui égayent nos journées.
Ne vois-tu pas le vent qui dépose sur tes mains gelées,
Des millions de flocons légers qui dansent avec gaieté.

Bambin écoutait sans broncher  la voix de son ami,
Il ressentit tant de tendresse qu’il frissonna de tout son être.
Au fil des saisons, l’espoir revint dans son cœur en fête,
Maintenant on les aperçoit tout le jour gazouillant et valsant sans souci.

Durant les nuits froides et chargées de clair de lune,
Le joli cygne s’abrite sous les ramures en se pelotonnant avec ses plumes.
De jolis fées apparaissent dans des colonnes de poussière,
Et l’on voit leurs deux cœurs qui vibrent dans la lumière.

Longtemps bien longtemps on raconta l’histoire de Bambin.
Au fil des ans, il y a toujours un cygne qui rode près de l’étang,
Un nid mousseux et bien caché qui se loge sous l’arbre devenu géant.
Et  que des concerts de chants joyeux retentissent dans le lointain.

Mais un jour sur la neige durcie, un homme choisit le joli sapin avec élan,
Il le transporta dans le chœur d’une église car c’était pour le Noël tout blanc,
On le décora de rubans et de guirlandes, ah! ce qu’il était majestueux,
Et ses lumières étincelaient de mille feux.

Tous les visiteurs cette année–là n’avaient jamais vu telle merveille,
Resplendissant de partout tel un rayon de miel.
Puis comme par magie, une étoile de duvet se fixa au sommet tel un soleil,
On vit Bambin tressaillir de joie en regardant vers le ciel.

Ce jour-là des millions de cœurs s’éparpillèrent partout à l’unisson,
Saupoudrant sur tous amour, bonheur et paix pour toutes les saisons.
Et c'est ainsi que dans les reflets rose de l’horizon,
Deux amis poursuivent leur rêve dans un grand tourbillon.

                                                                                                        Hajem8  déc 2008

 

Retour au menu
Accueil
Création ©Chezlu 2008
Tous droits réservé